La vie au plafond

GAL_plafondMia dit :

Oserai-je vous dire à quoi je rêve quand, du fond de mon lit, je regarde le plafond ? Qu’y vois-je donc qui puisse accaparer mes pensées aussi longtemps, avant de me lever ? Les reflets ternes de la peinture, les ombres rasantes de la lumière et la poussière oubliée dessinent des images équivoques qui parlent à mon imagination.

Je pense aux vacances d’été ? Mon plafond apparaît alors comme une vaste plage déserte, où je laisse s’évader mes envies d’espace et de liberté. C’est la famille que j’imagine ? Le plafond ressemble à celui de ma chambre d’enfant quand, toute petite, j’attendais, avec impatience et grande excitation, que ma mère vienne me réveiller pour prendre le petit-déjeuner. C’est le travail qui m’occupe l’esprit ? Le plafond est comme un écran d’ordinateur, avec des graphiques et des organigrammes pleins de chiffres, qui dansent au-dessus de ma tête comme les nuages gris d’un orage sur le point d’éclater. Et si c’est l’amour que j’évoque dans mes rêveries ? Alors le plafond prend l’aspect de couvertures froissées, qui dessinent les contours de deux corps enlacés. Ils se sont réfugiés dessous pour protéger leur intimité du monde glacial de la solitude auquel ils ont échappé.

Néanmoins, tout ce temps passé allongée dans mon lit ne me fait jamais complètement oublier où je suis. En réalité, je ne regarde pas ce qu’il y a au-dessus de ma tête. C’est vers moi-même que sont dirigées mes pensées. Le plafond est un grand miroir où se reflète ma vie. Je l’observe sous tous les angles et si, de par mon humeur du moment, je ne la trouve pas aussi belle que je l’imagine, alors je me dis qu’il faut me lever pour y remédier.


Extrait du roman
GAL_cover

La 4ème de couverture

Les extraits

Le livre

21 réflexions sur “La vie au plafond

  1. Pingback: L’instinct de résolution du réveil matin | L'impermanence n'est pas un rêve

  2. On ne peut donc pas dire que Mia soit bas de plafond. Pour vivre ses rêves, il faut les avoir rêver avant, n’est-ce pas. Le plafond fait un bel écran pour les projeter, on devrait même inventer des salles de cinéma ainsi, avec des lits et projeter le film au plafond. Au moins, si on s’ennuie, on peut s’endormir confortablement.

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  3. Regarder le plafond de sa vie au réveil, mais quelle bonne idée. Je ne verrai plus celui de ma chambre comme avant. J’imaginerai une couverture de soleil pas trop froissée, quelques rayons dispersés sur l’oreiller, un froufroutement de lune en guise de drap, de façon à éclairer mes rêves. Et puis j’y mettrai une taie de nuage pour atténuer la clarté. S’endormir au chant des étoiles, ça change la vie. 😀

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